La Jeune Ecole

Ou quand le journalisme et le débat idéologique s’invitent dans la doctrine de guerre maritime

De nos jours, nous avons le droit sur les réseaux sociaux, à toutes sortes d’excentricités. Des prétendus « experts » se permettent de clamer haut et fort des affirmations basées sur du vide ou des préjugés, sur tous les sujets possibles, y compris les plus techniques. S’il est plutôt sain de s’intéresser à toutes sortes de sujets (par exemple, je ne sais pas, l’Histoire), il est cependant plus que regrettable lorsque les discussions sur un sujet virent à la foire au n’importe quoi. Et notamment lorsque des questions idéologiques viennent se greffer sur un débat pourtant largement éloigné de ce champ.
Prenons un exemple. Supposons d’une pandémie frappe la planète, un virus contre lequel on ne dispose pas de remède. Un médecin propose un protocole de traitement, ce qui provoque une controverse parmi ses collègues : le traitement est il vraiment efficace ? On en discute entre experts : tests, protocoles, etc. . Puis, par le truchement des médias, le débat envahit l’espace public ; après tout pourquoi pas, il s’agit d’un enjeu majeur du moment. Mais là, la magie du « je mélange tout et n’importe quoi ensemble et je secoue très fort comme un vodka martini » arrive à ce que notre médecin se retrouve propulsé comme le défenseur des petites gens, que dis je, le héraut de la contestation du peuple ! Mais … quel est le rapport ? On cherche toujours, mais il doit en être ainsi parce que, voilà. Bref, un excellent exemple où l’idéologique s’occupe d’un sujet intrinsèquement technique, et on en arrive à une situation ubuesque, où le débat raisonnée est la principale victime.
Mais je vous rassure : ce genre de situations n’est pas nouveau ! Et déjà il y a plus d’un siècle, on s’écharpait joyeusement sur une question qui n’intéressait personne jusque là, et dont certains arguments n’auront rien à voir avec la choucroute. Parlons donc stratégie navale à la fin du 19e siècle, et de la doctrine de la Jeune Ecole.

Durant la première moitié du 19e siècle, le combat naval évolue, sous la poussée d’innovations techniques. A noter que la France n’est pas en reste, entre l’invention du canon Paixhans (qui permet de tirer des obus explosifs, et non plus simplement des boulets) et la construction de la Gloire, premier navire occidental cuirassé de haute mer. Par un habile jeu de copier/coller, les autres puissances maritimes du moment se lancent à leur tour dans la construction de ces engins. Et on se retrouve rapidement à une course à qui a le/la plus gros(se) b./p. : le plus gros blindage/la plus grosse puissance de feu. (Pourquoi vous êtes tout rouges ? A quoi vous pensiez par « plus gros(se) b./p. » ?)
On en arrive à des navires de plus en plus gros, grands, et donc couteux. Or, à ce petit jeu qu’elle a elle même initié, la France se retrouve dépassée par sa rivale de toujours : l’Angleterre. Nous sommes après la guerre franco prussienne, la 3e république est en compétition avec la monarchie d’outre manche pour étendre leurs empires coloniaux respectifs, et l’armée de terre a la priorité en cas de nouveau conflit avec le Reich allemand tout neuf. Mais comment faire pour contester la suprématie navale britannique à moindre coût ?

C’est une arme toute neuve qui va lancer le débat, la torpille. Alors toute neuve, pas tout à fait : un obscur savant syrien du 13e siècle, Ahdab al-Rammāḥ, a bien conçu un conteneur oblong rempli d’explosif, propulsé par poudre noire, évoluant sous l’eau et stabilisé par deux ailettes. Ça ressemble à s’y méprendre à une torpille ; mais faute de témoignage, nous ne connaissons pas l’efficacité de cette arme.
Ensuite, fin du 18e siècle, on a l’idée de venir coller une charge explosive directement au contact de la coque d’un navire ennemi. C’est efficace, mais dangereux, car cela demande s’approcher près, très près (et donc de s’exposer aux tirs ennemis), et de surcroît il n’est pas rare que la charge endommage le porteur. Du coup, des ingénieurs austro-hongrois, puis anglais, et américains, améliorent le concept en propulsant l’engin : avec un ressort, de l’air comprimé, ou un mécanisme à inertie. L’avantage de l’arme est énorme : comme la propulsion ne nécessite pas une détonation (comme pour un obus), adieu les lourds et gros canons ; mais surtout, l’explosion se fait sous la ligne de flottaison de la cible. Ainsi, les navires touchés sont assurés de couler, en se remplissant d’eau par de gros trous.
Avec cette nouvelle arme, il est désormais possible à un petit navire de 1 000 tonnes, de couler un monstre de 10 000 tonnes, et à bonne distance. Un contre amiral va pousser ce raisonnement : Hyacinthe Aube.

Celui ci préconise de privilégier de petits navires comme des torpilleurs, mais très nombreux, plutôt que de se reposer sur un nombre restreint de gros navires cuirassés, dont la perte d’un seul représent un gâchis colossal de ressources et d’hommes. La cuirasse n’étant plus capable d’assurer seul la protection d’un navire, il faut construire des navires les plus rapides possibles. La défense des côtes est assurée par un travail de harcèlement des petites unités, basées sur de nombreux points d’appui tout le long du littoral. Et si on doit combattre le Royaume Uni, on sait qu’on ne pourra obtenir la domination des mers lors d’une seule bataille : on va donc l’entraîner dans une guerre de course. Rien à voir avec des affrontements de chariots dans un quelconque supermarché ; il s’agit de perturber le commerce ennemi, en arraisonnant ou coulant les navires marchands. Or, le Royaume Uni a décidé de sacrifier son agriculture à son industrie, et doit donc importer presque la moitié de sa nourriture ; elle serait donc vulnérable à une destruction de son ravitaillement. Vu qu’un blocus semble impossible, on opte pour des croiseurs (rapides et modérément armés), qui iraient en haute mer perturber le trafic maritime.

Rapidement, cette nouvelle doctrine va trouver des partisans, dans la marine mais aussi parmi les politiques ; alors que d’autres soutiendront l’approche traditionnelle basée sur de grandes unités lourdes. Ainsi nait l’opposition entre la Jeune Ecole, et l’Ancienne Ecole. Là où le débat va prendre une tournure imprévue, c’est avec un évènement qui n’a rien à voir avec la marine : la liberté de la presse. En 1881, les journaux sont enfin autorisés à parler de tout et n’importe quoi ; et vu qu’il faut bien remplir ses pages, ceux ci vont commencer à s’intéresser à tout. Le journaliste Gabriel Charmes, qui connait bien l’amiral Aube, trouve que nous sommes proches d’une ère nouvelle, et se met à écrire des articles sur le sujet. Il soutient le point de vue de la Jeune Ecole, et le débat va peu à peu gagner le public.
Mais là, tout va commencer à partir en vrille. Peu à peu, les républicains et les partis de gauche vont soutenir la Jeune Ecole ; non pas pour des raisons pratiques, mais idéologiques : la Jeune Ecole, c’est la revanche du petit sur le gros, de l’humble sur le puissant. C’est aussi une occasion d’attaquer le commandement de la marine, vu comme conservateur et immobiliste. Par opposition, la droite conservatrice va prendre le parti des cuirassés de la Vieille Ecole. On va donc ajouter au débat (qui n’avait pas besoin de cela pour être confus) des problèmes de conflits d’intérêts : les blindages des gros navires font travailler l’industrie de l’acier, et on commence à affirmer que si on ne veut pas renoncer à ceux ci, c’est pour que les barons d’industrie ne pertent pas ce marché juteux ! On ose des comparaisons avec la biologie : le torpilleur qui coule un cuirassé, ce n’est rien d’autre que le microbe de Pasteur, capable de mettre à mal des organismes beaucoup plus massif. Ajoutons à cela des raisons bassement pratiques, le budget de la marine : il est moins couteux de produire des petits navires, même en nombre, que des gros. On le voit donc : d’une discussion sur une nouvelle tactique, on passe à un débat qui n’a plus rien à voir.
Durant les trois décennies suivantes, les partisans des deux écoles vont alterner aux postes décisionnaires. Si bien qu’on passe de l’un à l’autre. Globalement, on va produire beaucoup de ces petites unités, et la mise en oeuvre de cuirassés modernes va prendre du retard. Si bien qu’en 1914, la France n’aligne que 30 cuirassés dont 4 modernes, contre 46 dont 13 modernes pour la Kaiserliche Marine, et 81 dont une trentaine de moderne pour la Royal Navy. Alors que pourtant, la France possède la 4e marine de guerre en termes de tonnage.

Maintenant, vous allez sans doute me poser la question – que tout le monde aurait du se poser dès le départ, plutôt que partir dans des délires qui ont brouillé les discussions : les théories de la Jeune Ecole étaient elles viables ? Et ma réponse sera, comme souvent sur des sujets complexes : oui et non. Dans les faits, cette école va s’avérer largement anachronique : pas en retard, mais au contraire (trop) en avance sur son temps. Et de plus, ce n’est pas forcément le bon pays qui l’aura adopté …
Dans les années 1900, on va commencer à voir apparaître des problèmes dans les théories de la Jeune Ecole. Les navires légers montrent rapidement une mauvaise tenue à la mer, et un rayon d’action limité.

Si bien que, dès qu’ils s’éloignent des côtes, ils perdent en efficacité. Or, la France dispose d’un vaste empire colonial, aux quatre coins du monde : ne pas pouvoir intervenir loin est donc ballot. De plus, les cuirassés ont bien évolué entretemps : ils sont devenus moins vulnérables aux torpilles, car désormais la partie immergée de la coque est à son tour blindée, et on pratique le cloisonnement de sections (ce qui ne garantit plus qu’un tir au but coule le navire). La guerre russo-japonaise va remettre les pendules à l’heure, en consacrant le rôle important du cuirassé. Du coup, demi tour à 180° : la France va se remettre à construire des gros bateaux de guerre. Mais le retard ne sera pas pleinement rattrapé, comme indiqué ci dessus, pour le début du conflit mondial.
La Jeune Ecole semble donc s’être trompée … Et pourtant, la guerre à venir va montrer que certaines de leurs analyses n’étaient pas infondées. Lorsque les hostilités éclatent, tout le monde s’attend à une grosse bataille décisive, où les cuirassés produits par les différents pays allaient s’expliquer à coup de volées d’obus de gros calibre, jusqu’à ce que finalement un seul vainqueur émerge (ou plutôt, ne coule pas), et obtient la domination totale des océans. Mais de fait, elle tarde cette grosse bataille navale : les Allemands hésitent à risquer leurs précieux joujoux face à une Royal Navy chafouine, les Austro-hongrois ont peur des escadres françaises et britanniques de Méditerranée, qui les attendent à la sortie de l’Adriatique. Du coup, les premiers combats sont davantage des escarmouches entre croiseurs, parfois très loin (océan Pacifique, Atlantique Sud … j’en reparlerai ultérieurement). Et finalement, les 31 Mai et 1er Juin 1916, la grande bataille tant attendue a lieu, au large du Jutland : elle ne s’avéra absolument pas décisive. La Royal Navy subira plus de pertes que son adversaire, mais celui ci filera la queue entre les jambes dans ses ports d’attache et n’en bougera plus, conscient d’avoir échappé de peu à une grosse défaite.
Les lourds cuirassés vont donc passer la majeure partie de la guerre dans des ports à rouiller. Leur principal intérêt étant de faire à son ennemi « aha ! regarde les gros bateaux que j’ai, et que je peux t’envoyer dessus si t’es pas gentil ! », bref, de la dissuasion. A noter que les forces de l’Entente vont pouvoir les sortir un peu plus librement, et pourront être utilisés en soutien de combats terrestres (mais ce genre de cas restent rares).

Vous connaissez le vieil adage : « nul n’est prophète en son pays ». Et bien la stratégie de la Jeune Ecole va s’avérer finalement s’avérer payante, à deux détails près : l’arme et le pays.
Pour les armes, la Jeune Ecole a – pour rappel – misé en autre sur le croiseur et le torpilleur. Le croiseur va s’avérer efficace dans certaines situations de combat, ok de ce coté. Le torpilleur par contre, c’est pas ça. Ses avantages – vitesse, grande distance de tir, un coup au but suffit à envoyer n’importe quoi par le fond – vont se faire contrer, non seulement par l’amélioration des cuirassés, mais aussi par le développement d’un navire spécialement conçu pour le combattre, et judicieusement appelé « contre torpilleur » (destroyer en anglais). On ne peut pas faire plus clair. Le contre torpilleur est un navire à peine plus gros qu’un torpilleur, véloce, armé de canons à tir rapide, et parfois même de torpilles ; et on va le mettre en protection des grosses escadres de cuirassés, comme écran anti torpilles. Et ça marche.
Il est cependant un nouveau type de bateau, que la Jeune Ecole va pousser à développer : le sous marin (on parle plutôt de « submersible » à l’époque). La France va en effet construire l’un des premiers submersibles « modernes », le Gymnote, en 1888. A quasi égalité avec l’Espagne et son Peral (2 mois seulement d’avance). Le navire va prouver des capacités intéressantes : s’il a encore moins d’autonomie qu’un torpilleur, et une vitesse très faible, il est par contre furtif, et le prouvera lors de manœuvres. Même si elle n’a pas autant misé dessus que sur le torpilleur, la Jeune Ecole va tout de même promouvoir l’engin, tant et si bien que la France va avoir la 1ere flotte sous marine en nombre au début de la 1ere guerre mondiale, avec 57 unités, devant le Royaume Uni (51) et l’Allemagne (30 unités). A préciser que ses bâtiments de début de conflit sont loin de rivaliser avec les modèles de 1917-1918, mais tout de même.

Mais mais mais … me direz vous, personne ne se souvient des sous marins français, alors que tout le monde a entendu parler du danger des « U-Boot » (pour Unterseeboot, littéralement « bateau sous la mer ») ! Comment se fait il ? Calmez vous : j’y viens.
Pour mémoire : la Jeune Ecole s’est développée, dans l’optique d’un conflit France/RU, où la première n’aurait pas moyen de contester la suprématie navale à la deuxième. Or entretemps, les deux sœurs ennemies ont fini par s’entendre, afin d’aller chercher des noises ensemble au Kaiser. Fini donc le risque de perdre le contrôle de l’océan : grâce à la Royal Navy, on est tranquille. En revanche, c’est le Reich Allemand qui va avoir des problèmes : sa flotte de surface ne peut rivaliser avec celle de ses adversaires, et la seule fois où elle tente quelque chose, elle sue tellement fort qu’elle ne recommencera plus jamais. Pourtant, il y a tous ces navires de commerce anglais qu’on aimerait bien couler. Alors comment qu’on fait ? Diverses réponses seront apportées, mais la principale est, comme vous vous en doutez maintenant : le sous marin. Dès qu’on aura compris l’intérêt de celui ci, l’Allemagne va en produire en masse, au détriment des autres bateaux. Et ça va diablement bien marcher ! Déjà, car contrairement à un cuirassé qui demande plusieurs années de travail, on peut les produire vite : presque 350 sur toute la durée de la guerre (en partant d’une trentaine, je rappelle). Et ils vont se révéler diablement efficaces : comme ils sont discrets, ils sont capables de « forcer » le blocus de la Royal Navy, et d’aller coller joyeusement torpilles et obus dans les navires de commerce britanniques, français, et même autres (car plus on est de fous …). Ce que recherchait la Jeune Ecole avec sa guerre de course !
Du côté des Britanniques, ce sera un peu la panique. On avait pas prévu ce coup ci, on ne sait plus où donner de la tête car on n’a pas assez d’unités pour escorter tous les navires, en plus on ne possède pas encore d’armes efficaces contre ces engins, bref, les plans de guerre sont en train de sombrer. Il faut réagir : on va employer les contre torpilleurs pour les affronter, choix qui va se montrer judicieux. On va surtout développer de nouvelles armes : la charge sous marine (RU), le sonar (France), utiliser l’aviation pour le repérage, des navires leurres. Du coup, du côté de la Triple Entente, on va réduire la production de cuirassés (vu que la Triple Alliance n’ose plus sortir les siens), et accélérer la production d’unités moyennes, comme les contre torpilleurs/destroyers … Tiens, ça ressemblerait pas à ce que préconisait une certaine Jeune Ecole ça ? (bon, certes, pas pour les mêmes raisons)

In fine, on constate que la Jeune Ecole était fort novatrice, peut être trop. Elle a surtout été déployée dans un pays (la France) qui avait un besoin de contrôle maritime, en raison de son empire colonial. Et prévue pour un ennemi (le Royaume Uni), qui sera finalement un allié. En revanche, un autre pays (l’Allemagne) aurait bien fait de l’adopter plus tôt : celui ci a consacré des ressources considérables pour construire une flotte de navires lourds qui ne servira presque à rien ; et obtiendra des résultats bien plus probants avec une flotte sous marine nombreuse, utilisée en harcèlement du commerce (exactement ce que prévoyait la Jeune Ecole). Mauvais pays, mauvaise arme, mais finalement, pas si bête.
A noter que les enseignements de la guerre 14-18 n’ont été que partiellement enregistrés. Les amiraux de nombreux pays vont rester désespérément accrochés au concept de « bataille décisive » de cuirassés, qui n’aura pas plus lieu durant la 2e grande sauterie mondiale qu’elle ne s’est produite durant la 1ere. Cependant, des efforts vont être réalisés pour produire des flottes d’escorte. La palme du nawak revient tout de même à l’Allemagne. Elle a bien vu qu’en 14-18, sa précieuse Kaiserliche Marine n’a servi à rien, si ce n’est gaspiller l’argent du contribuable, et que les sous marins ont par contre joué un véritable rôle (même si non décisif), en créant une vraie inquiétude dans la Royal Navy. Et bien lors du réarmement naval des années 1930, ces leçons seront bien entendu ignorés, par le patron de la marine allemande (Erich Raeder) : il va miser de nouveau sur une flotte de surface et une force sous marine réduite, avec l’accord de Hitler ; jusqu’à ce qu’on se rende compte que finalement, c’était vraiment crétin et on produise – une nouvelle fois – des sous marins en grosse quantité.
Le problème, c’est que les choix respectifs ont parfois été motivés par des arguments absolument pas techniques. En France, le coup de la lutte contre les riches a poussé à adopter une doctrine inadaptée. Tandis qu’en Allemagne, la recherche d’une flotte de prestige (les gros navires, ça claque, les sous marins ça fait de moins belles photos …) a conduit à construire des navires qui resteront à quai la plupart du temps.

Comme quoi, les choix pourris pour des raisons qui le sont encore plus, ça ne date pas d’aujourd’hui.

Pour aller + loin : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeune_%C3%89cole

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gymnote_(1888)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_navale_durant_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale

Source des images : Wikipédia

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